La transition vers le Cloud est devenue un enjeu stratégique pour les institutions académiques. À l’Université de Mons (Belgique), Elena Fascilla, Directrice des services informatiques a piloté cette évolution et partage avec nous son expérience. Elle revient sur les raisons qui les ont poussés à adopter les services Cloud via l’accord-cadre OCRE, les avantages qu’ils en retirent et les pistes d’amélioration pour l’avenir.
« À l’Université de Mons, nous avons commencé à explorer les services Cloud lorsque nos besoins en flexibilité et en agilité sont devenus critiques. Nous avions besoin de déployer rapidement des environnements expérimentaux pour la recherche et l’enseignement. Les infrastructures sur site atteignaient leurs limites, notamment en matière de scalabilité, de résilience et de coûts de maintenance, ce qui nous a poussés à chercher des solutions plus modernes.
Pas de marché public nécessaire
Aujourd’hui, nous continuons d’utiliser les services Azure via l’ancien accord-cadre OCRE, le nouvel accord étant encore en cours de validation par notre service achats.
Pour moi, l’un des grands avantages de l’accord-cadre OCRE est la simplicité de la procédure d’achat : il n’est pas nécessaire de lancer un marché public complexe, puisque les fournisseurs ont déjà été présélectionnés. Nous bénéficions aussi de tarifs négociés, compétitifs pour le secteur académique et la recherche, tout en ayant l’assurance du respect des réglementations européennes, comme le RGPD. L’interopérabilité avec les standards de la recherche, par exemple l’authentification fédérée via eduGAIN ou l’intégration avec l’EOSC, est un atout supplémentaire.
Nos services Cloud doivent respecter des critères stricts :
- en performance, avec une latence faible, un haut débit et l’accès aux GPUs pour les projets d’intelligence artificielle ;
- en sécurité, avec conformité RGPD, isolation des données, authentification fédérée et journalisation ;
- en évolutivité, pour monter en charge rapidement lors de campagnes de calcul intensif ;
- en résilience et disponibilité, avec des SLA d’au moins 99,9 %.
« Le marché-cadre OCRE permet un gain de temps administratif considérable et garantit des fournisseurs fiables. »
Elena Fascilla, UMONS
Processus de feedback
Pour l’instant, il n’existe pas de mécanisme formel permettant aux utilisateurs de donner leur feedback sur les services Cloud utilisés via l’accord OCRE. Cependant, nous travaillons à mettre en place un processus de recueil de retours pour identifier les difficultés rencontrées, prioriser les évolutions et mieux aligner les offres sur les besoins des chercheurs et enseignants.
Je recommande vivement l’utilisation de l’accord-cadre OCRE à d’autres organisations du secteur R&E. C’est un gain de temps administratif considérable, une garantie de fiabilité des fournisseurs, et un bon moyen d’aligner les pratiques avec les politiques européennes. C’est particulièrement pertinent pour les établissements de taille moyenne qui ne disposent pas d’une cellule d’achats ou juridique importante.
Pour l’avenir, j’aimerais voir la mise en place d’un catalogue fédéré avec comparateur de coûts, afin de faciliter encore davantage les choix des institutions. »